Post image for Premier trimestre enivrant!

Premier trimestre enivrant!

Par Philippe Ventura, CFA le 16 avril 2012

Après un 2008 catastrophique suite à une correction d’une ampleur historique et un 2011 plutôt difficile, nous voila avec un premier trimestre 2012 des plus rafraichissants.

En fait, aux États-Unis, nous avons connu un des meilleurs trimestres depuis 1998.  L’attente a été longue.

Le marché américain a affiché une hausse de 10,6% sur trois mois se terminant le 31 mars 2012.  Encore plus impressionnant, le S&P 500, indice phare des 500 plus grandes entreprises américaines, a augmenté de 21,1 % sur les 6 derniers mois.

Par contre, on remarque un ralentissement de la croissance de l’indice boursier canadien S&P/TSX.  Il n’a affiché qu’une augmentation de 4,4% et 8,1% sur les 3 et 6 derniers mois respectivement.

Comment expliquer ces performances?

ÉTATS-UNIS

Les États-Unis se remettent tranquillement et lentement de la pire crise financière jamais vu depuis 1929-1932.  La bulle du crédit facile a éclaté emportant avec elle tous les secteurs de l’économie américaine, voire mondiale.  Le taux de chômage avait atteint des niveaux records, les reprises de maisons s’accéléraient et l’humeur des consommateurs américains était à son plus faible. 

Nous témoignons un revirement depuis quelques mois.  Le taux de chômage est en baisse.  Malgré une baisse légère, le niveau de nouvelles réclamations de prestations de chômage est passé sous la barre psychologique des 400 000 demandes.  Au-dessus, il est considéré que l’économie stagne.  Sous la barre, on estime voir une activité positive d’emploi.

 

Les entreprises américaines sont en meilleure santé financière aujourd’hui qu’elles ne l’ont été depuis des décennies.  La récente crise a forcé l’assainissement de leur bilan et leurs états financiers.  Par le fait même, elles ont accumulé près de 2 billions de dollars en liquidité.  Du jamais vu depuis 1963. 

Et puis? me direz-vous.  L’instant que les dirigeants ressentiront une accalmie dans l’économie, cet argent sera réinvesti, soit dans du matériel, des usines, des rachats d’actions ou des acquisitions d’entreprises.  Ces liquidités ne sont pas insignifiantes.  Elles représentent 13% de l’économie! 

Par ailleurs, l’indice du ISM (Institute of Supply Management), qui représente un amalgame de facteurs liés à l’emploi, l’inventaire et les productions du secteur manufacturier, parmi d’autres, affiche une tendance positive au-dessus de 50.  N’importe quoi au-dessus de 50 est perçu comme étant un indicateur de reprise ou de bonne santé économique.

CANADA

Pays de ressources et institutions financières.   Entre ces deux secteurs, ils composent près de 2/3 de l’indice canadien.  Nous sommes tributaires de la demande mondiale pour nos biens sous-terrain.  Il est normal qu’un ralentissement en Chine ait un impact direct sur leur besoin en matières premières.   Conséquemment, nous en souffrons directement.

Après 10 ans de hausse, le Canada arrive-t-il à son apogée boursier?  Nul ne sait.  Toutefois, il serait illogique de croire que la demande serait en hausse constante.  Il y a normalement un repli.  Il y a des niveaux de croissance insoutenables qui doivent ralentir.  Cela a un impact direct sur la demande de ressources naturelles canadiennes. 

Nous verrons aussi un essoufflement du dollar canadien.  Deux facteurs viendront dévaluer le huard versus le dollar US : 1) moins d’achats internationaux de nos biens impliquent un besoin moins important de dollars canadiens et 2) la reprise de l’économie américaine renforcera le dollar US.

EUROPE

La crise européenne s’est apaisée.  Les discussions entre ministres des finances et la lassitude médiatique expliquent la raison de la trêve journalistique.  À lire les journaux, nous aurions l’impression qu’il n’y a plus de problème dans le vieux continent.  Rien n’est moins sûr.  L’Euro a été sauvé mais les économies sont encore en déroute.  L’austérité que chaque pays doit s’imposer a un impact néfaste sur leur économie respective.  Les taux de chômage sont à des niveaux inimaginables.  Le resserrement fiscalva en étrangler plus d’un.   Oui, il y a des signes d’entraide et les pays plus riches aideront les plus pauvres.  Mais à quel prix?  Le temps nous le dira.

Sans écrire un papier au complet sur l’Europe, il est à noter que la correction européenne produit des opportunités importantes d’investissement pour le gestionnaire à l’affut d’occasions. 

CONCLUSION   

Après une décennie perdue (2000-2010) et, aujourd’hui, une économie américaine en reprise, on peut s’attendre à des rendements un peu plus intéressants.  Par contre, ça se passera à l’étranger : il y a une diversité d’entreprises sur le globe.  Le Canada ne représente que 2 ou 3 % de cela.  Il serait illusoire de croire qu’on puisse être diversifié ET avoir du rendement en se limitant à si peu au Canada. 

Comme exemple, sachez qu’à son apogée, Nortel (NT à la bourse de Toronto) valait près de 30% de l’indice TSX 300.  Aux États-Unis, Apple (AAPL:NASDAQ), la compagnie avec la plus forte capitalisation boursière au monde (+500 milliards) représente moins de 5 % de l’indice S&P 500; même la plus grosse compagnie américaine se noie dans la profondeur et la valeur de cet indice.

 

Suivez-moi sur Twitter: @philippeventura

Suivez-nous sur Facebook: chevaliermeunier

 

Leave a Comment

Previous post:

Next post: